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Le cheminement de la conscience historique

Posted by Marc-André Lauzon
13 February 2012 - 3:12pm

Revoici la définition de la conscience historique proposée par Catherine Duquette : « la conscience historique sera définie comme la compréhension qu’un individu a de la temporalité. C'est-à-dire que la conscience historique est la compréhension du présent par le passé qui permet d’envisager le futur » (Duquette 2011).

Outre cette définition, Catherine Duquette explique que la conscience historique est un continuum. En amont, il y aurait la conscience historique dite non-réfléchie qui est présente « lorsqu’il n’y a pas de recul critique quant aux interprétations utilisées pour comprendre le passé » (Duquettte 2011). En aval, il y aurait la conscience historique dite réfléchie qui est présente « lorsqu’il y a prise de conscience de la relativité du passé » (Duquette 2011). Ici, il s’agit d’une définition opératoire et elle a été élaborée à partir des textes et des recherches de plusieurs spécialistes de la conscience historique.

Puis, la recherche et l’analyse de Catherine Duquette ont permis de clarifier la conscience historique non-réfléchie et réfléchie. En tout, il y a aurait quatre stades.

La conscience historique non-réfléchie

Les deux premiers sont situés du côté non-réfléchi : le stade primaire où le « participant est incapable d’expliquer un phénomène » (Duquette 2011) et le stade immédiat où le « participant propose des explications ancrées dans le présent » (Duquette 2011). Conjointement, les deux se traduisent par « le passé n’est pas pris en compte par l’élève » (Duquette 2011).

La conscience historique réfléchie

Pour sa part, la conscience historique réfléchie comprend le stade composite où les “explications sont ancrées dans le présent, avec quelques références au passé» (Duquette 2011) et le stade narratif où «les participants associent différentes causes et conséquences dans le passé pour créer un récit qui explique un phénomène» (Duquette 2011). Ces stades se traduisent par « l’élève fait référence au passé dans ses réponses».

Cette compréhension du présent par le passé est influencée par quoi? Bien sûr, il y a la pensée historique, mais à l’opposé, celle qui a tendance à se situer du côté non-réfléchi, et ici, je ne pense pas qu'elle le présente péjorativement, il y a le sens commun qui est en fait l’amalgame de la mémoire collective et mythique ainsi que les valeurs et l’identité d’une nation. Plus encore, le sens commun est construit à partir des expériences de vie d’un individu et de ses préconceptions. Finalement, je rajouterais aussi, la vision qu’un individu a de l’histoire : il y a celle absolue, c’est-à-dire un récit immuable et à l'inverse, il y a celle relative aux interprétations. Tous ces éléments influencent positivement ou négativement la conscience historique d'un individu.

Pourquoi l’analogie de Penrose? Parce que je comprends qu’un individu peut développer sa conscience historique à l'infini. Plus encore, Catherine Duquette fait la démonstration qu’elle peut régresser ou stagner. Ainsi, plus un élève a une conscience historique développée, plus sa pensée historique le sera et plus cette dernière l’est, plus la conscience historique progressera.

Fait intéressant, ces stades témoignent de l'existence d'une progression et par ricochet, il serait possible d'élaborer des critères pour évaluer la conscience historique.